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Les forêts actuelles ont été marquées par la succession de multiples activités humaines au cours du temps : prélèvements de bois, charbonnières, carrières, habitats, activités industrielles… La mise en valeur agricole est partout présente, du simple pâturage en forêt jusqu’au défrichement et à la mise en culture. Au cours des deux derniers siècles, les forêts françaises ont doublé de surface. Ainsi, la moitié des forêts actuelles n’étaient pas boisées au début du XIXème siècle. Nos connaissances sur l’état des forêts à des époques plus reculées sont très parcellaires. Des découvertes récentes indiquent qu’à l’époque gallo-romaine, de vastes forêts actuelles que l’on considérait encore récemment comme anciennes, étaient largement déboisées et cultivées. Plus en arrière, notre connaissance de la répartition et de l’état des forêts est imprécise..

La forêt, par la relative lenteur des cycles sylvicoles, par le faible niveau d’impact des activités forestières actuelles, permet souvent une conservation exceptionnelle de ces traces d’activités antiques. Deux conséquences en découlent. D’une part, on peut espérer en milieu forestier parvenir à une meilleure reconstruction des pratiques humaines anciennes. D’autre part, le fonctionnement actuel des écosystèmes forestiers (chimie des sols, biodiversité, productivité, état de santé des forêts…) dépend fortement de ces pratiques. Pour le gestionnaire, ces vestiges n’ont donc pas qu’un intérêt patrimonial ; leur connaissance peut aider à mieux gérer la forêt.
arbre  fossile

Dans le cadre des questions précédentes, les objectifs de ce colloque sont de :

  • dessiner l’évolution antique et historique des paysages actuellement forestiers
  • évaluer et comprendre les conséquences des anciens usages forestiers, agricoles et artisanaux sur la biodiversité et le fonctionnement des forêts actuelles
  • favoriser les échanges entre les communautés des archéologues, des forestiers et des écologistes
  • mieux intégrer l’héritage archéologique dans la gestion forestière




On sait de manière sûre que les forêts françaises occupaient au début du XIXème siècle 7 millions d’hectares, c’est à dire un espace deux fois plus réduit qu’aujourd’hui. Ceci signifie que, regardant une forêt, on a une chance sur deux d’observer un ancien champ, une ancienne pâture...
Plus en arrière, nos connaissances se font moins sûres. Les investigations archéologiques montrent cependant de très nombreux témoins d’activités agricoles et artisanales antiques dans des forêts actuelles, que l’on croyait très anciennes. Outre leur intérêt patrimonial, ces anciens usages ont encore de puissants effets sur la biodiversité végétale et les propriétés des sols. Inversement les forêts anciennes, qui n’ont jamais été perturbées, prennent pour l’écologiste une valeur singulière.

L’objectif de ce colloque est de dessiner sur la carte des forêts françaises celle des anciens usages agricoles la trame archéologique des usages antiques
Evaluer la part de l’environnement antique conservée dans les structures, les essences, les reliefs les sols et la biodiversité des forêts actuelles



 
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